Chantal Papillon apprivoise le métier d'aubergiste

De comptable à enseignante, et maintenant aubergiste, Chantal Papillon a tout récemment sauté dans le monde des affaires. Elle est, depuis près d’un mois et demi, propriétaire de l’Auberge Racine située au cœur du centre-ville de Chicoutimi. Incursion dans son nouveau quotidien lors d’une journée froide de janvier.

Quelques minutes avant 8 heures, l’aubergiste s’affaire à préparer le déjeuner pour ses deux clients qui quitteront très bientôt pour Brooklyn. Au fond de la cuisinette de la maison ancestrale, elle équeute les fraises et dresse les assiettes pour le premier service du déjeuner. Une fois que c’est à son goût, elle se rend dans la salle à manger située à l’avant de la résidence. «Il faut que ce soit chaud et que ça soit prêt à temps. Il faut s’adapter au nombre de personnes», dit-elle en se dirigeant vers ses convives pour leur donner un peu de réconfort matinal.

Chaleureuse et soucieuse du bien-être de ses clients, la nouvelle propriétaire de l’Auberge Racine (la maison Bossé) apprivoise petit à petit ses nouvelles responsabilités. «J’ai sauté dans un train qui roulait déjà à 200 km/h. Au début, j’avais un peu peur, je ne savais pas comment le piloter. Je n’ai pas eu le choix d’apprendre vite, mais ça va de mieux en mieux depuis un mois», confie l’entrepreneure. «C’est un métier où l’accueil est important. Que tu sois fatiguée ou pas, c’est très important que les clients n’en subissent pas les effets. Ils cherchent une certaine qualité. Je ne peux pas réduire ça», avoue la propriétaire de l’auberge cotée 4 soleils.

Après avoir pris le déjeuner, les deux visiteurs new-yorkais se dirigent au bureau de l’aubergiste pour payer leur note. «Nous avons passé un très beau séjour ici. Nous reviendrons encore deux ou trois fois cette année», souligne l’une des voyageuses dans la langue de Shakespeare. «Ce sont deux personnes qui sont ici pour les affaires, me chuchote l’aubergiste. Ce sont les premiers visiteurs que j’ai reçus lorsque j’ai pris possession de l’auberge», ajoute-t-elle avec fierté.

Prendre du temps pour soi

Les voyageurs ayant quitté les lieux, c’est l’heure de faire le ménage. En moyenne, l’entretien de chaque chambre peut durer près d’une heure. Lorsque tout est en ordre, Chantal Papillon peut s’accorder une pause «J’essaie de prendre du temps pour moi. C’est très important pour ma santé mentale, dit-elle. Récemment j’ai fait de la raquette, mais ne rien faire, me promener, ça peut m’aider à m’adapter à mon nouveau style de vie», explique la propriétaire. entre deux tâches administratives.

«Je ne dois pas avoir peur d’accepter l’aide des autres. C’est un problème répandu en entrepreneuriat. Je me dis que j’ai acheté seule l’entreprise et que suis supposée être capable de tout faire, mais au fond, les gens sont prêts à m’aider, ils le font de bon cœur», témoigne l’enseignante en congé différé, qui donnait des cours d’entrepreneuriat au Cégep de Jonquière.

Mme. Papillon est une véritable passionnée d’entrepreneuriat. Il y a près de 20 ans, lorsqu’elle arrivait dans la région, elle rêvait d’ouvrir un café-cinéma. «Ce n’était qu’une question de temps avant que je me lance. J’y songeais depuis près de 20 ans, mais avec les enfants qui étaient en bas âge, c’était difficile. Maintenant qu’ils sont plus vieux, une opportunité est arrivée et j’ai sauté sur l’occasion», témoigne la dame originaire de Québec.

Obtenir une certification en développement durable, en faire une maison plus près de la communauté où il serait possible de tenir des événements et mettre un potager à la disposition du Manoir Champlain, voisin de l’auberge, il ne s’agit que de quelques projets que l’aubergiste aimerait réaliser.

Redevable des opportunités que la vie lui apporte, l’enseignante se dit reconnaissante envers l’ancien propriétaire, Joseph Simard, pour l’accompagnement. «Lorsqu’il est passé me voir il y a quelques jours, il me disait que ça lui faisait drôle de revenir et de devoir sonner pour entrer. Je me considère chanceuse de poursuivre sa mission puisqu’il m’a choisie», conclut Chantal Papillon, confiante pour la suite des choses.