La série «13 Raisons» divise le Web

La nouvelle série 13 Raisons a fait énormément parler sur les réseaux sociaux depuis sa sortie en mars dernier, mais pourtant, ce n’est pas la seule série à parler de suicide. « J’ai trouvé que c’était vraiment bien fait, je ne suis pas tout à fait d’accord avec ce qui se dit sur Internet. Après tout, le film 1:54 n’a pas soulevé un tollé pour sa fin», souligne la professeure en technique d’éducation à l’enfance Anie Murray.

La série diffusée uniquement sur Netflix est parue le 31 mars dernier et dès sa sortie elle a enflammé les réseaux sociaux et en a divisé plusieurs quant à sa qualité et sa pertinence. Certains internautes ont adoré la série et en demandent encore plus. D’autres ont fait part de leur désaccord avec les propos concernant le viol, le suicide et l’alcool traités dans les 13 épisodes.

L’écoute a été traumatisante pour certains. Les commissions scolaires ont d’ailleurs pris la peine d’envoyer un communiqué aux parents pour les aviser des sujets abordés dans l’émission.

Plusieurs personnes ne sont pas d’accord avec la scène diffusée dans le dernier épisode, puisqu’elles pensent que cela peut inciter quelqu’un à se suicider. Les gens sont restés accrochés sur le geste de suicide, parce que ce n’est pas un sujet souvent traité à voix haute, mais le but de l’émission est de parler des sujets tabous, constate Mme Murray.

« Ça m’a permis de discuter avec ma fille à la suite de chaque épisode, développe la mère de deux adolescents. On a parlé du fait qu’un seul regard ou une seule parole peut avoir un impact immense dans la vie de quelqu’un. On ne sait jamais ce que les autres personnes vivent. On a surtout parlé de l’agression sexuelle, qu’un non c’est un non. »

Il faut dire que puisqu’il s’agit d’une émission de télévision, il est certain que les producteurs vont faire en sorte que rien ne fonctionne pour les personnages, souligne Anie Murray. « Les gens critiquent que Hannah Baker n’aille pas chercher de l’aide, mais elle n’a pas eu le renfort qu’elle souhaitait », rappelle-t-elle. Hannah est allée chercher de l’aide auprès du conseiller de l’école, mais il a ignoré les signes de détresse de la jeune suicidaire.

Il y a d’autres moyens qui peuvent aider les jeunes, le tout dans l’anonymat. « Les lignes téléphoniques, c’est le premier moyen que les jeunes peuvent utiliser et par la suite ils sont plus enclins à parler de leurs problèmes avec un adulte en qui ils ont confiance », affirme l’intervenante chez Tel-jeunes Élise Huot.