Faillite des succursales HMV : des pertes pour Slam Disque

La maison de disques indépendante Slam Disque ne touchera pas un sou de sa réédition des albums d’Exterio qui ont été distribués dans les succursales de la chaîne HMV qui vient de déclarer faillite. Même si elle n’est pas la seule à endosser cette situation, c’est l’une des rares à réussir à s’en tirer sans trop de dommages.

Depuis un bon moment Slam Disque se faisait interpeler pour une réédition des trois parties du disque Album monstre, comme l’explique l’ancien bassiste de la formation et propriétaire de Slam Disque, Jessy Fuchs. C’est d’ailleurs le même constat que fait son bon ami, toujours batteur dans Exterio, Daniel Mayrand, qui faisait salle comble à Saguenay la semaine dernière.

En décidant de fi nalement les relancer en novembre dernier, il était très loin de se douter que le principal vendeur d’albums allait fermer boutique quelques mois plus tard, creusant ainsi un trou de 20 000 $ dans le revenu annuel de l’entreprise.

L’homme d’affaires assure toutefois que cela n’a pas affecté les artistes et que c’est la compagnie qui assumait ces risques qui, pour lui, semblaient évidents. Les membres du groupe ne cachent pas leur empathie face à cette situation. «C’est surtout triste pour lui, mentionne M. Mayrand. C’est un ami et on sait qu’il était très impliqué dans le projet.»

«Pour nous ça représente quelques milliers de dollars, mais pour d’autres qui vivent principalement de la vente d’albums, c’est encore pire. Les géants comme Universal ou Sony qui faisaient affaire avec la défunte compagnie vont sans aucun doute vouloir reprendre leur argent et ils ont des moyens beaucoup plus gros pour y arriver. C’est donc évident que ce sont les plus petites maisons de disques qui passeront en dernier.»

Tirer son épingle du jeu

Malgré cela, la compagnie réussit tout de même à garder la tête haute, puisque comme le mentionne M. Fuchs, ce déclin était prévisible depuis un bon moment. «Ce n’était qu’une question de temps. On se faisait traiter d’imbécile en 2009 lorsqu’on se lançait dans l’édition numérique et la production YouTube, mais aujourd’hui c’est ça qui paye. Les maisons de disques qui misaient encore sur la vente d’albums pour garantir leurs revenus ont dû moins bien digérer la nouvelle.»

M. Fuchs espère que l’entreprise Sunrise record qui va reprendre le fl ambeau des boutiques HMV, ne sera pas qu’un autre «respirateur artifi ciel» servant à retarder le déclin du marché traditionnel et qu’elle sera en mesure de s’adapter en développant de nouveaux modèles d’affaires.