Étudiants de première génération: un nouveau projet de financement

Si une enveloppe monétaire était consacrée aux étudiants de première génération dans les cégeps, l’accès aux études serait accru en région. C’est du moins ce que soutiennent la coordonnatrice pour la région du Saguenay–Lac–Saint-Jean au Consortium d’animation sur la persévérance et la réussite en enseignement supérieur (CAPRES), Alexandra Hébert et le directeur du cégep de St-Félicien, Gilles Lapointe.

Les étudiants de première génération sont des jeunes collégiens dont aucun des parents n’a fréquenté un milieu d’éducation supérieure. Selon l’étude Portrait socioéducationnel des étudiants de première génération publiée en 2015 par CAPRES, les étudiants de première génération (EPG) en région représentent plus de 60 % des jeunes du cégep alors qu’ils en représentent 50 % dans les grands centres. D’après l’étude, deux défis entravent majoritairement leur chemin : le manque de ressources financières et d’encouragements ainsi que le peu de soutien de leur entourage.

Dans cette même étude, il est démontré que 45 % des ces élèves souhaitent mettre un terme à leurs études et pourtant, selon Mme Hébert, ils réussissent tout aussi bien que les autres étudiants. «La difficulté c’est de les motiver, de les amener dans les milieux scolaires», a expliqué M. Lapointe.

Étude commandée

Créer une enveloppe pour les EPG fait partie d’une liste de recommandations proposées par la Fédération étudiante collégiale dans une étude qu’elle a commandée. D’après la fédération, le BAPES (système actuel de financement des milieux collégiaux) n’est plus efficace. La directrice des communications de la Fédération des Cégeps du Québec, Judith Laurier, Gilles Lapointe et Mme Hébert abondent en ce sens.

«Le système actuel de financements est inéquitable pour les cégeps avec une plus faible densité d’étudiants», a affirmé Mme Laurier. «Le budget présent ne tient pas compte des changements qu’il y a eu au cours dernières années. Maintenant il y a beaucoup plus de programmes techniques et de travaux pratiques qui requièrent de nouveaux investissements», a note M. Lapointe.

Ce dernier s’était donné comme premier défi de démocratiser l’accès aux études collégiales dans son premier plan de réussite. Maintenant que le projet a fait ses preuves, il ne reste qu’à «donner les ressources nécessaires à ces nouveaux jeunes».