Des chaussons d'escalade 100 % québécois

Une entreprise 100 % québécoise commercialisera les premiers chaussons (souliers) d’escalade canadiens dès cet été. Le fondateur de Cabra, le Chicoutimien d’origine Malcolm Savard, cherche à se démarquer avec un produit différent et personnalisable, tout en voulant changer la culture d’entreprise actuelle basée sur le profi t et la hiérarchie.

C’est en pleine session d’escalade que le jeune homme a eu l’idée de se lancer dans la conception de ce genre de produit. «J’étais en train de grimper et je me suis demandé pourquoi les chaussons d’escalade étaient toujours aussi inconfortables malgré l’effort qu’on mettait à les choisir», raconte-t-il. C’est sur cette pensée que son produit et son futur se sont dessinés.

Du haut de ses 25 ans, M. Savard explique qu’il a toujours été attiré vers l’entrepreneuriat, mais qu’aucune idée ne lui avait encore traversé l’esprit. Après avoir terminé ses études au Cégep de Jonquière en Génie mécanique, il a quitté sa région natale pour poursuivre dans son domaine à l’Université Laval à Québec pour fi nalement de se lancer en affaires en 2015.

Bien loin de se douter du parcours parsemé d’embûches qui l’attendait, c’est avec détermination qu’il s’est tout de même engagé à 100 % dans l’aventure. «Pour moi l’escalade c’est avant tout une passion. Je ne veux donc pas seulement créer un produit, je veux développer mon sport et mon environnement. De plus, avec la popularité que connait l’escalade actuellement c’est très bien, car on a une belle vague sur laquelle surfer», estime M. Savard.

Changer la face de l’industrie

L’entreprise qui fait affaire avec près d’une dizaine de partenaires presque exclusivement québécois a également décidé de prendre un virage plus humaniste et écologique qui, selon son créateur, s’éloigne du modèle d’entreprise actuelle. M. Savard a aussi fait le choix de ne pas utiliser de fibres animales et de choisir des procédés de fabrication ayant moins d’impacts sur l’environnement.

Pour le jeune entrepreneur, placer ces valeurs au cœur de son projet était une nécessité. «Je crois en l’avenir de notre planète et je pense que quand on donne, on finit toujours par recevoir», révèle-t-il. D’ailleurs, une partie des bénéfices réalisés iront directement à la Fédération de montagne et d’escalade (FQME) afin de supporter l’entretien et le développement des sites actuels.

Les premiers modèles devraient être prêts à être livrés d’ici le début de l’été. Même si M. Savard n’écarte pas la possibilité que son produit se retrouve sur les étagères de boutiques spécialisées, ils sont pour le moment accessibles seulement à partir du site web de l’entreprise au coût de 180 $. Ces premiers modèles seront assemblés par Malcolm Savard lui-même qui dit vouloir rester au cœur de sa production.