De la neige du Saguenay exportée à Montréal

À 22 degrés Celcius à la mi-avril, l’entreprise Marois et Frères est la seule à offrir encore de la tire d’érable sur neige au Marché Atwater de Montréal. Son secret? La neige saguenéenne!

Depuis maintenant deux ans, le petit commerce familial étire sa saison des sucres en s’approvisionnant en neige dans la réserve faunique des Laurentides. Chaque semaine, Laurie Larouche parcourt les quelque 450 kilomètres qui séparent le Saguenay-Lac-Saint-Jean de Montréal en s’arrêtant en cours de route emplir ses glacières de neige immaculée à l'aide d'un simple chaudron de cuisine.

Laurie Larouche représente la quatrième génération à travailler au kiosque familial. Lorsqu’elle a dû s’exiler au Saguenay pour poursuivre ses études, sa famille lui a tout simplement proposé de garder son emploi dans la métropole et de profiter du trajet pour transporter plusieurs dizaines de mètres cubes de neige chaque printemps.

Un créneau d’excellence

Établi en 1956, le petit commerce se spécialise dans les produits de l’érable et du miel au printemps, puis se tourne vers les fruits et légumes pour la saison estivale. Laurie souligne que la concurrence est féroce en ce qui concerne les produits de l’érable, tant en ce qui a trait au prix qu'à la palette de produits offerts. Le sirop et ses dérivés demeurent extrêmement prisés par les nombreux visiteurs qui visitent le marché chaque année. «Beaucoup de touristes veulent absolument ramener du sirop chez eux, même s’ils ne savent pas quoi en faire!»

Elle affirme cependant que les clients, s’ils apprécient leur bâtonnet sucré, sont généralement sceptiques quant à l’origine de la neige. «Je dois leur montrer des photos ou des vidéos du ‘’ramassage’’, sinon les gens pensent qu’on leur ment!»

Jean Noël est l’un de ces visiteurs habituels qui rendent visite aux Marois presque chaque semaine. Originaire de Chicoutimi, il se dit «très fier» du fait que la neige provienne de son coin de pays, même s’il n’est pas amateur de tire d’érable.

L’or blanc

La neige saguenéenne est véritablement de l’or blanc pour les Marois puisqu’elle leur permet d’avoir le monopole de la tire pendant les dernières semaines du printemps. Au final, les retombées se calculent en milliers de dollars, en plus de devenir une sorte d’attraction pour les clients qui demeurent surpris de l’effort déployé.

À la fin du printemps, c’est souvent par lassitude que la famille Marois cesse son «importation de neige». Subitement, la table des Marois prend de la couleur alors que la blancheur de la neige est remplacée par les couleurs vives des radis et des asperges du Québec.