Connexion du quotidien, la nouvelle tendance

Une mise en marché de 339 millions d’objets connectés au Québec est prévue d’ici 2020 selon la firme de recherche IDS, analyze the future. S’ils peuvent être fort utiles, de nouveaux risques apparaissent au cœur de ces gadgets.

Il y a d’abord eu les cellulaires intelligents, mais depuis quelques années, des montres, des réfrigérateurs, des sex-toys ou encore des serrures sont concernés par cette révolution.

« Techniquement, c’est un réel progrès, mais la vraie question c’est à quoi vont réellement servir les données émises par ces appareils, se questionne Jimmy Maltais, professeur en informatique au Cégep de Jonquière. Il ne faut pas dépasser la ligne entre le service et l’intrusion.»

Données, donnez-moi

Une enquête Net tendance du CEFRIO, un organisme de recherche et d’innovation, révèle que « 90% des foyers québécois sont connectés à Internet ». La domotique prend de plus en plus de place dans la vie des Québécois. La domotique c’est d’avoir le contrôle total des appareils de sa maison par l’intermédiaire de son téléphone ou de son ordinateur.

Les nombreux objets concernés communiquent entre eux afin d’offrir le meilleurs des services aux consommateurs. Des données, notamment personnelles, sont générées et des entreprises investissent dans ce domaine afin de collecter ces informations et de pouvoir les utiliser.

Un réfrigérateur connecté est capable de repérer les aliments qui sont à l’intérieur et de concevoir des recettes, une cafetière intelligente s’enclenche à l’instant où le réveil sonne. Cette collecte de données facilite la vie des consommateurs.

Sécuritaire ou risquée?

Un confort évident se manifeste à travers ces outils contrôlables à distance. Les professionnels et les concepteurs des objets s’accordent sur les aspects positifs et sécurisés de cette connexion entre les appareils du quotidien. C’est un marché industriel considérable comme le prouve le site Internet des objets connectés, un magazine qui catalogue toutes les inventions et leurs répercussions économiques.

Isabel Brochu, éthicienne, révèle que cette « utilité pour l’être humain » soulève des inquiétudes pour préserver la vie privée. « Le consommateur devrait être informé que ces données seront divulguées et surtout utilisées. Si cela peut paraitre anodin d’obtenir le rythme cardiaque d’une personne grâce à sa montre, c’est un consentement discutable. »

Des questions se posent auprès de nombreux professionnels et il est important de considérer le lot de risques qui apparait avec ces innovations. « Tout devient plus facile avec la domotique sauf que c’est potentiellement “piratable”, avertit Jimmy Maltais. Il faut s’assurer d’une double authentification afin de protéger sa maison. »