Abandons et cruauté animale : le Québec bat tous les records

Dans le Code civil du Québec, les animaux sont toujours considérés comme des «biens meubles». Et les efforts pour changer la situation sont bien minces. Selon l’organisation américaine Animal Legal Defense Fund, le Québec serait le «paradis de la cruauté animale» et se classe au dernier rang des provinces canadiennes en matière de protection des animaux.

Pire encore, le Québec est mondialement reconnu comme l’un des endroits occidentaux les moins avancés sur la question du traitement éthique de ses animaux de compagnie.

En plus, la province détient le record du taux d’abandon d’animaux le plus élevé en Amérique du Nord, selon un article de Gabrielle Lisa Collard publié sur Yahoo Québec.

La fondatrice de SOS stérilisation à Saguenay, Sherly Desbiens, blâme le manque d’éducation et de connaissances concernant la protection des animaux, mais aussi le manque de volonté des citoyens du Québec à dénoncer les gestes brutaux envers ces bêtes à poils, pour expliquer ce triste constat.

«Les gens ne veulent tout simplement pas dénoncer ce qu’ils voient pour ne pas avoir de problèmes, mais tant qu’il ne se plaindront pas, il n’y aura pas de changements», souligne-t-elle.

Pour sa part, le directeur du développement à la Société pour la prévention des animaux (SPCA) de Montréal, Anthony Johnson, affirme que les «citoyens ne sont pas assez responsabilisés et que c’est un choix à long terme que d’acheter un animal. Ils ne sont pas tous conscients de l’ampleur de la chose et des responsabilités que ces bêtes amènent.» Les détenteurs d’animaux gardent en moyenne un animal pendant deux ans ce qui représente une très courte période, considérant qu’un chien vit plus d’une dizaine d’années.

Mme Desbiens compare d’ailleurs nos mentalités concernant la cause à celles de nos voisins anglophones, qui sont bien différentes. Les Canadiens des provinces de l’ouest sont beaucoup plus respectueux envers les animaux. «Les anglophones redonnent une deuxième chance aux animaux (dans les refuges). C’est ancré dans leurs valeurs depuis toujours. Au Québec, on n’a pas cette mentalité-là», affirme la fondatrice de SOS stérilisation.

Calgary, en Alberta, est une bonne référence de ville qui a à cœur le bien des animaux puisque son refuge est maintenant vide. Les autorités de ce gîte animalier se sont entendues pour créer un partenariat avec les animaleries du secteur pour faire adopter tous les animaux recueillis. Les ententes de ce genre ne se font pas encore au Québec. «Et ce n’est pas du côté des animaleries que ça bloque, mais bien du côté des refuges», souligne Sherly Desbiens.

Stérilisation 101

Pour contrer le nombre d’animaux qui sont abandonnés chaque année, Mme Desbiens mise sur la stérilisation de ces bêtes, d’où l’idée de fonder son organisme. Elle a développé ce programme pour effectuer la stérilisation d’animaux abandonnés afin d’augmenter leurs chances de réinsertion dans un milieu adéquat.

La stérilisation aiderait à contrer la surpopulation en plus de l’abandon de nombreux animaux. M Johnson affirme que les coûts de stérilisation sont plus élevés au Québec que dans les autres provinces, ce qui serait un frein pour les gens à faire castrer leurs animaux.

«C’est plus ou moins 300 $ pour faire faire castrer un animal», explique-t-il. La SPCA de Montréal travaille présentement avec l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ) pour essayer de réduire les frais et égaler ceux des autres provinces.

Malgré ces statistiques, l’espoir et les actions pour essayer de faire changer les choses sont au rendez-vous à certains endroits comme à la SPCA de Montréal, qui a pu faire adopter 200 animaux lors de sa fin de semaine Opération Adoption tenue en octobre dernier.