Juge au plongeon: une affaire de secondes

Deux secondes. C’est le temps dont dispose Germain Landry pour donner une note sur 10 aux plongeurs qui s’exécutent devant lui dans l’espoir de décrocher une médaille.

Le passionné de plongeon en est à sa huitième année comme juge. Il est un des plus actifs au Québec, jugeant environ une trentaine de compétitions par année. Selon lui, la recette pour être efficace dans son rôle est d’avoir une bonne observation et une mémoire photographique, compte tenu de tous les éléments à évaluer en si peu de temps.

Il commence par établir une note d’appréciation générale sur le plongeon, pour ensuite majorer ou abaisser la note en évaluant des détails techniques. La position de départ, la prise d’élan, l’envol, l’ouverture et l’entrée à l’eau sont les cinq facettes qui sont évaluées dans un plongeon.

La complexité de cet exercice fait en sorte qu’il arrive inévitablement que des juges ne donnent pas les notes que mériteraient vraiment les plongeurs. Et cela arrive même aux juges expérimentés comme Germain Landry : «On dispose de si peu de temps pour réagir, c’est normal qu’il puisse se glisser des erreurs. Au début de ma carrière, je me sentais mal durant de longues minutes quand je me rendais compte que j’avais été beaucoup trop sévère. Avec l’expérience, on sait qu’il ne faut pas s’en faire, sinon on perd notre concentration pour les prochains plongeons.»

Les Jeux du Québec font partie de la vie de Germain Landry depuis longtemps. En 1971, il a lui-même compétitionné aux tout premiers Jeux d’été qui avaient lieu à Rivière-du-Loup. Il participe cette année à ses troisièmes Jeux en tant que juge. En 1980, il avait aussi agi en tant que bénévole aux Jeux à Thetford, sa ville d’origine.

L’homme de 57 ans habite maintenant à Vaudreuil. Lui et un de ses amis ont fondé le Club de plongeon de Vaudreuil-Dorion (CPVD), alors que sa fille pratiquait ce sport. Il est devenu entraîneur par la force des choses en 2005.

C’est justement lors d’une compétition, alors qu’il manquait un juge, que M. Landry a occupé ce poste pour la toute première fois. «Le plongeon est le seul sport dans lequel on peut voir une situation pareille. À la fin de la compétition, Louise Kairns, qui était directrice technique à Plongeon Québec à l’époque, m’a dit que j’étais bon et m’a invité à aller suivre la formation de juge. C’est là que tout a commencé», se remémore-t-il.

D’ici la fin de la 48e Finale, Germain Landry continuera de faire ce qu’il apprécie le plus des Jeux du Québec : fraterniser avec les gens des autres sports et des autres régions. D’ailleurs, une soirée pour reconnaître le travail des officiels avait lieu hier soir au bar des Jeux.