Babillard · Un passé houleux signe d’un avenir rayonnant

Un passé houleux signe d’un avenir rayonnant

Le programme unique qu ’est ATM n’a jamais eu l’existence facile. Les personnages qui ont façonné son histoire et les grandes étapes qui ont marqué son évolution témoignent d’un passé lourd de sens.

C’est le trophée d’une autre conquête des régions éloignées

Bâti de toutes pièces, ATM fut la cible de nombreuses critiques depuis sa création officielle en 1968. Attaqué de toutes parts, le programme dut être révisé maintes fois au cours des quatre dernières décennies. Il ne fut pas rare qu’au fil des saisons, certains étudiants dénoncent la mauvaise qualité de l’enseignement tout comme celle des infrastructures et des équipements inadéquats. Les professeurs et l’administration du Collège ont aussi connu de nombreux conflits quant à la gestion du département et l’allocation des budgets attribués aux différentes options. En 1976, le département sera même mis sous tutelle par les administrateurs du Cégep.

Mais étrangement, les mots les plus durs ont souvent été prononcés par des journalistes et des animateurs qui ont mené une guerre ouverte à ATM. Il n’était pas exceptionnel, à l’époque, qu’ils attaquent avec véhémence la compétence de certains professeurs et des élèves. Des universitaires et des journalistes ont même tenté par le biais d’un comité consultatif du ministère de l’Éducation, en 1975, de faire disparaître la formation collégiale au profit d’un enseignement concentré à l’université. Les cégeps de la région montréalaise et de la Capitale-Nationale ayant convoité ATM ont également été de redoutables adversaires. Le Collège dut entreprendre à plusieurs reprises de longues croisades pour conserver l’exclusivité de son programme.

«C’est le trophée d’une autre conquête des régions éloignées», disait le père Pierre-Paul Asselin en 1988. Il venait alors de remporter le prix spécial du ministère des Communications pour la création du programme.

Plusieurs années de rodage menées avec des moyens très limités auront finalement abouti en 1980, à un investissement de 1,5 million, somme destinée à acquérir et rénover le pavillon Joseph-Angers . En 2006, après de longues démarches, un investissement de 27 millions vient finalement concrétiser le projet d’agrandissement du pavillon. Reste maintenant à savoir si l’idée émanant du gouvernement de René Lévesque en 1980, voulant faire d’ATM une école nationale des communications, finira par se réaliser et rayonnera de plus belle sur tout le Québec.


Écrit par Priscilla Plamondon Lalancette, étudiante en Journalisme